Crèches : La qualité de l’air au cœur d’un nouveau référentiel national

Un décret, applicable depuis septembre 2022, impose de nouvelles normes de conception et d’aménagement aux structures d’accueil du jeune enfant. La nécessité d’installer une ventilation mécanique dans les parties de l’établissement les plus exposées aux polluants, est évoquée par le texte.

La qualité de l’air intérieur est une question particulièrement sensible dans les métiers liés à la petite enfance, vaste secteur qui regroupe les branches de l’Education, de l’animation, de la santé et du social, gérées par les entreprises privées ou les pouvoirs publics via l’Etat ou les collectivités locales.

Les enfants plus vulnérables aux polluants « intérieurs »

Plusieurs études consacrées aux conséquences sanitaires des émanations toxiques en milieu intérieur ont démontré une vulnérabilité plus forte des très jeunes par rapport aux adultes. Un risque accru qui tient au profil physiologique d’un enfant caractérisé par un volume respiratoire deux fois supérieur à celui de ses parents, proportionnellement à sa masse. En clair, un nourrisson doit respirer plus vite et plus souvent pour s’oxygéner, selon un rythme de 30 à 60 cycles par minute, fréquence qui passe ensuite de 20 à 30 cycles jusqu’à l’âge de la puberté (pour info, on compte 12 à 20 cycles à partir de l’adolescence et au-delà).

L’exposition des tout-petits aux multiples polluants qui se diffusent et stagnent au sein de locaux confinés et mal aérés, a fait l’objet d’une attention redoublée de la part des autorités sanitaires depuis plusieurs années, notamment dans les crèches et garderies, le lieu où les enfants passent le plus de temps après le domicile et l’école. Depuis le 1er janvier 2018, les responsables de ces structures, comme tous ceux qui gèrent un ERP (Etablissement Recevant du Public) ont l’obligation procéder, tous les sept ans, à une évaluation des moyens d’aération dont disposent leur bâtiment, ainsi qu’à une mesure de certains polluants.

Quelles mesures pour améliorer la QAI des crèches ?

Des mesures plus spécifiques aux crèches ont été introduites par un arrêté ministériel « créant un référentiel national relatif aux exigences applicables aux établissements d’accueil du jeune enfant en matière de locaux, d’aménagement et d’affichage ». Ce texte, promulgué dès le 31 août 2021, est en vigueur depuis le 1er septembre 2022 pour les structures qui seront créées après cette date. Les crèches existantes auront jusqu’à la fin de l’été 2026 pour se conformer à certaines de ses dispositions et investir, par exemple, dans l’achat d’une VMC double-flux.

Entre autres mesures, le texte recommande en effet l’installation d’une ventilation mécanique contrôlée dans « les sanitaires, les espaces de sommeil, la salle de jeux d’eau, les halls et couloirs » et fixe un débit « minimal d’air neuf à introduire de 30 m3/h par place autorisée ». Un volume conforme à ce préconisent de nombreuses études, dont celle menée par le docteur Suzanne Déoux dans son ouvrage « Bâtir pour la santé des enfants » (2010) : l’auteure y pointait notamment l’insuffisance des débits réglementaires imposés à l’époque par les autorités sanitaires (15m3/occupant dans les écoles par exemple) qu’elle jugeait « inadaptés aux enfants de moins de cinq ans ».
Avant l’application de cet arrêté, moins de la moitié des crèches françaises avaient équipé leurs salles d’activité (49%) ou leurs dortoirs (41%) d’un caisson VMC.

 

Pour en savoir plus : https://www.spaciency.com/post/focus-sur-la-qualite-de-l-air-interieur-dans-les-creches-et-les-ecoles-primaires

https://www.oqai.fr/fr/campagnes/ventilation-et-aeration-dans-les-ecoles-et-creches